Annexes

Le CORMIER

Le cormier, ou sorbier domestique (sorbus domestica) est une rosacée proche du pommier et du poirier.

Aussi grand que les plus grands poiriers, le cormier est un arbre à la silhouette remarquable, à la croissance lente, qui peut vivre très vieux et a un bois très dur autrefois recherché.

Concernant sa culture, Pierre Lieutaghi dit, dans Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux : « La croissance du Sorbier domestique est si lente que, malgré la grande valeur de son bois, on abandonne aux oiseaux la mission de le multiplier dans les forêts… au jardin ou en ornement, on se contentera de le greffer sur le Poirier, le Cognassier ou l’Aubépine. L’arbre sera moins durable, moins beau que s’il provenait du semis en place des pépins, mais il poussera plus vite et fructifiera bien plus tôt ».

La possibilité du greffage sur Cognassier, Poirier ou Aubépine reste, à mon avis, à préciser. J’avais essayé de greffer un poirier sur un cormier : la greffe a pris mais a dépéri après quelques années. Cela ne prouve rien (une espèce A peut se greffer sur une espèce B, sans que B puisse se greffer sur A) mais incite à la prudence.

La fructification lente, elle, est bien réelle. J’ai planté un Cormier il y a trente ans… qui pousse doucement mais n’a encore jamais fleuri !

Les cormes se récoltant au sol, cet arbre ne nécessite pas de taille, si ce n’est la suppression d’une fourche qui pourrait le fragiliser.

Les cormes ressemblent soit à de petites pommes, soit à de petites poires. Elles sont récoltées à l’automne au sol. Si le soleil ou le gel ne les ont pas encore fait blettir, elles peuvent être mises au grenier, sur des claies où elles termineront leur évolution.

Autrefois, les cormes servaient, après fermentation, à la préparation de boissons type poirées ou d’eaux de vie.

Il est également possible d’en faire des compotes ou confitures : enlever le pédoncule des cormes blettes (au moins partiellement), les mettre dans une bassine, recouvrir d’eau, laisser bouillir quelques minutes, mixer, ajouter du sucre, faire à nouveau bouillir quelques minutes et mettre en pot. Les pépins des cormes étant tout petits, ils passent inaperçu dans le produit fini.

300 gramme de sucre par kg de pulpe permet d’obtenir une compote (ou confiture peu sucrée) qui se conservera correctement plusieurs mois.

Les préparations à base de cormes ralentissent le transit intestinal plus encore que celles issues du coing ou de la nèfle.

Le NEFLIER

Je ne mentionne sur ce site que le néflier commun (Mespilus germanica), arbuste ou petit arbre de la famille des rosacées, proche du cognassier par sa fleur unique portée par une tigelle feuillée de quelques centimètres.

Le néflier du Japon, ou bibacier (Eriobotrya japonica) est un arbuste à feuilles persistantes, sensible au gel, qui fleurit à l’automne et fructifie en avril / mai et ne prospère que sur littoral méditerranéen.

Mais revenons au néflier commun. Il n’a de « germanica » que le nom puisqu’on peut le trouver à l’état spontané dans toute la France (rare dans le midi et en Corse).

Sa croissance à partir d’un semis serait lente, on préfère donc le greffer sur aubépine (d’après Pierre Lieutaghi, sur poirier, pommier et cognassier). La nèfle se consomme blette après les gelées.

Il est possible de la transformer en compote ou confiture au goût agréable qui peut rappeler la prune ou la datte. Pour cela, récolter les nèfles blettes sur l’arbre, ou par secouage. Les nèfles non encore blettes seront mises au grenier sur des claies où elles blettiront peu à peu. Mettre les nèfles blettes dans une marmite. Recouvrir d’eau. Laisser bouillir quelques minutes. La nèfle a 5 gros pépins (ils ressemblent plus à des noyaux !) qui doivent être enlevés. Pour cela, écraser avec un presse purée ou avec un batteur électrique. Passer au « mouli-julienne » pour éliminer les pépins (et autres parties dures). Ajouter du sucre, faire cuire à nouveau quelques minutes et mettre en pot.

Comme pour la corme, 300 g de sucre par kg de pulpe permet d’obtenir une confiture peu sucrée et de conservation moyenne (un an dans un endroit frais).

Et comme ceux issus de la corme et du coing, les produits à base de nèfle ralentissent le transit intestinal.

Les PRUNUS

Le genre Prunus appartient à la famille des rosacées. Il est riche de plus de 200 espèces forestières, fruitières ou ornementales. Tous les prunus ont des fleurs à 5  pétales et 5 sépales (généralement blanches, parfois roses) et un noyau.

Voici les quelques espèces qu’il est utile de connaître :

Prunus armeniaca : Abricotier. Originaire de Chine, subspontané à proximité des jardins et vergers. L’abricotier peut être utilisé comme porte-greffe des variétés d’abricotier ou de pêcher.

Prunus persica : Pêcher. Comme l’abricotier, le pêcher est probablement originaire de Chine et subspontané. Cette espèce englobe la pêche elle-même (peau duveteuse, noyau libre), la pavie (peau duveteuse, noyau adhérent), la nectarine (peau lisse, noyau libre), le brugnon (peau lisse, noyau adhérent) et la pêche plate. Le pêcher est couramment utilisé comme porte-greffe des variétés de pêcher ou d’abricotier.

Prunus dulcis (ou amygdalus) : Amandier. Originaire d’Asie (Iran au Tadjikistan), subspontané. Malgré son nom de « dulcis » (doux), les amandiers sauvages produisent la plupart du temps des amandes amères. L’amandier n’est utilisé que comme porte-greffe des variétés d’amandier.

Les trois espèces suivantes font partie de ce que l’on nomme communément  « cerisier » :

Prunus avium : Merisier. « avium », car recherché par les oiseaux. Indigène dans toute l’Europe de l’ouest. Arbre forestier (jusqu’à 20 m), au fût droit et au port pyramidal. Drageonne pas ou peu. Petits fruits (merises) rouges noirâtres, savoureux. Les cerises douces, ou bigarreau (qui constituent l’essentiel des cerises que nous consommons) sont issues d’une sélection plusieurs fois millénaires : les hommes ont semé les noyaux des merisiers qui produisaient les fruits les plus appétant. Plus récemment, ils les ont multipliés par greffage. Le fruit a considérablement changé, l’arbre aussi : moins vigoureux, avec une grande diversité de ports. Les cerises douces appartiennent donc aussi à l’espèce Prunus avium. Le merisier est utilisé comme porte-greffe des variétés de cerises douces ou de  cerises acides.

Prunus cerasus : Cerisier acide, griottier (jus coloré), amarelle (jus clair).  Son origine fait toujours débat. Subspontané à proximité des jardins et des vergers. Arbuste (ou petit arbre, jusqu’à 7 m). Rameaux fins et souples. Branches pendantes. Drageonne abondamment. La floraison a lieu après la feuillaison. Au débourrement, le bourgeon floral laisse apparaître des feuilles et des fleurs (que des fleurs chez les autres espèces de prunus mentionnées ici). Fruits acides, rouges foncés, de transformation et parfois de bouche. La cerise de Montmorency est la plus connue des cerises acides (c’est une amarelle, au jus clair). Le cerisier acide peut être utilisé comme porte-greffe des variétés de cerise acide ou des variétés de cerises douces. Mais il confère une vigueur bien inférieure à celle obtenue par greffage sur merisier. Par ailleurs, le drageonnement souvent important du cerisier acide est un inconvénient majeur.

Prunus mahaleb : Bois de Sainte Lucie (souvent appelé « Sainte Lucie« ). Indigène dans toute l’Europe de l’ouest. Arbuste (ou petit arbre, jusqu’à 10 m),  poussant sur les sols pauvres, calcaires le plus souvent, les côteaux, les bois clairs. Rameaux étalés. Feuilles petites, arrondies, souvent presque rondes. Fleurs en grappes de 4 à 12. Fruits petits, noirâtres, presque totalement occupés par le noyau, recherchés par les oiseaux mais sans intérêt pour l’homme. Sainte Lucie est intéressant comme porte-greffe des variétés de cerise (douces ou acides) dans les terrains pauvres et calcaires où il se comporte bien. Il confère une vigueur inférieure à celle obtenue par greffage sur merisier.

Les cinq espèces suivantes font partie de ce que l’on nomme communément « prunier ».
Les hybrides naturels entre les 4 premières espèces sont fréquents et source de confusion.

Prunus spinosa : Prunellier. Indigène dans toute l’Europe de l’ouest. Arbrisseau (2 m). Très épineux. Ramification à « angle droit ». Drageonne fortement (on ne voit jamais UN prunellier, mais toujours un taillis de prunellier). Une seule fleur par bourgeon floral. Fruit (prunelle) rond, petit, noirâtre recouvert d’une pruine bleuâtre, très astringent. Sans intérêt comme porte-greffe.

Prunus insititia : Prunier sauvage. Probablement originaire d’Asie, naturalisé dans toute l’Europe. Ressemble au prunellier, mais plus grand (petit arbre). Epineux (moins que le prunellier). Drageonne beaucoup ; en taillis. 2 à 3 fleurs par bourgeon floral (une seule pour le prunellier). Fruits plus grands que la prunelle ; bleus, noirs ou pourpres, comestibles mais âpres. La fructification est souvent faible. De nombreuses variétés cultivées en dériveraient (Mirabelle, Reine-Claude, prunier de Saint-Julien, prune de Damas…). Son fort drageonnement et sa vigueur hétérogène en font un piètre porte-greffe du prunier comme de l’abricotier. 

Prunus cerasifera : Myrobolan. « cerasifera », car le fruit ressemble à une cerise. Originaire d’Asie. Subspontané (peu fréquent). Arbre (5 à 8 m). Epineux (moins que le prunelier). Drageonne peu. Rarement plus d’une fleur par bouton floral (2 à 3 pour P. insititia). Fleurs assez longuement pédonculées. Fruits rond, de la taille d’une mirabelle (2 à 3 cm), jaunes, rouge clair ou rouge foncé, savoureux, appréciés en confiture. Production abondante. Sa bonne vigueur et son drageonnement modéré en font un bon porte-greffe du prunier et de l’abricotier. Mais, de nos jours peu cultivé en tant qu’arbre fruitier, le myrobolan est peu présent dans l’environnement du jardinier (en pépinières, de nombreuses sélections de myrobolan sont cultivées et greffées en prunier ou en abricotier).
Il existe un variant (P. cerasifera var. pissardi) aux feuilles rouges et aux fleurs rosées, largement planté comme ornemental et souvent appelé « Prunus ».

Prunus domestica : Prunier des jardins, prune européenne. Bien que la majorité des variétés de prunes cultivées dites « européennes » soient issues du prunier sauvage (ou de ses hybrides), une espèce « P. domestica » les regroupe dans la nomenclature.
Les principales variétés sont : Mirabelle, Reine-claude verte (ou dorée, ou « vraie »), Quetsche, prune d’Ente, Stanley, Président, Reine Claude d’Oullins, Reine Claude d’Althan… De forme parfois arrondie (Reine-Claude), mais plus souvent oblongue ; noyaux généralement libre ; peu juteuses (conviennent bien pour les tartes ou confitures).

Pour aller plus loin : la prune d’Ente tient son nom du verbe « enter » qui, en vieux français, signifie « greffer ». La prune d’Ente était donc multipliée par greffage, contrairement aux autres variétés qui devaient être multipliées essentiellement par replantation de drageons.

Prunus salicina : Prunier du Japon. Originaire d’Asie. Les fruits sont plus gros que ces des espèces européennes, à noyau adhérent et de forme arrondie. Ils sont juteux, ce qui les destine préférentiellement au marché de bouche.
Le prunier du Japon, par croisement avec des pruniers américains, a donné les variétés dites « américano-japonaises ». Les plus connues (P. salicina ou hybrides) sont Golden Japan, à épiderme jaune, Blackamber, Friar et Angelino, à épiderme noir ou violacé.

A propos de quelques photos…

Les photos qui agrémentent les pages Accueil, Bibliographie, « Qui suis-je » et Contact n’ont pas de légende. Pour laisser plus de place à l’observation, au questionnement.
Je vous en dis un peu plus :

Un châtaignier (variété Comballe), en contre-plongée.
On voit bien la différence entre les branches jeunes, à l’écorce lisse, et le tronc, les charpentières, à l’écorce crevassée.
Le lichen utilise l’arbre comme support (comme il le ferai d’un rocher). Il ne lui est en rien dommageable.

Jeunes anticipées sur amandier (une à l’aisselle de chaque feuille).

Fleur de cognassier.
Certaines ont les pétales enroulés sur la droite, d’autres sur la gauche.

Bouton floral de néflier.
Comme le cognassier, fleur unique portée par une brindille feuillée d’une dizaine de cm.

Dans le Nyonsais, un vieil abricotier de variété Orangé de Provence (autrefois « Polonais »), greffé sur myrobolan.
L’arbre est taillé en gobelet bas, très ouvert, afin que la taille, l’éclaircissage et la récolte soient faits depuis le sol, sans l’aide d’escabeau ou d’échelle.
La taille de fructification est stricte, pour limiter le temps d’éclaircissage (et aussi parce que ce vieil arbre, non irrigué, ne peut porter qu’un nombre limité de fruits).

Inflorescences de cormier.