Pourquoi greffer ?

Il existe deux bonnes raisons de vouloir greffer :

Conserver et multiplier une variété intéressante

Votre voisin a un vieux pommier dont les fruits vous font envie. Mais il ne connaît pas le nom de la variété : impossible donc d’acheter un pommier de même variété à un pépiniériste.
Bouturer ou marcotter un rameau ? Le pommier y est rétif !
Semer des pépins ? C’est possible, mais il s’agit d’une reproduction sexuée qui ne conserve pas à l’identique les caractéristiques de la variété et vous serez très probablement déçu.
Il ne reste qu’une alternative : greffer.
Et vous allez pouvoir greffer le pommier de votre voisin :
– Sur un pommier « sauvage » qui pousse dans votre jardin (ou que vous allez transplanter dans votre jardin),
– Sur un pommier que vous avez déjà, mais dont la variété ne vous convient pas : ce sera alors du surgreffage.

Valoriser un arbre sauvage et improductif

Au fond du jardin, un prunier a poussé. Il est vigoureux et « a sa place », mais les premiers fruits sont décevants. Pour récolter des fruits savoureux, la greffe est la seule alternative possible.

Le greffage est un geste technique.
Mais il présente aussi un intérêt humain.
Comme toutes les activités manuelles, il nous ancre dans le réel.
Comme le soin aux arbres, le jardinage, il nous met en lien avec le temps long des saisons et des années.
Mais contrairement à la taille dont le résultat peut toujours être discuté, le greffage « marche » ou « ne marche pas ».
La greffe a pris. Ou pas. Et si elle a pris, une pousse de 10 cm est bien différente d’une pousse de 2 mètres.
Le greffage, donc, nous enjoint à rester humble et fait de nous d’éternels débutants !