Arbres à noyaux
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Le jardinier peut greffer les variétés d‘ABRICOTIER sur l’abricotier, le pêcher et le prunier.
- L’affinité sur abricotier est toujours très bonne (même espèce), mais l’abricotier est un porte-greffe fragile (sensible au chancre bactérien).
- L’affinité sur pêcher est bonne : c’est le choix à retenir dans les sols qui conviennent au pêcher.
- L’abricotier se greffe bien sur le prunier myrobolan, mais celui-ci n’est pas fréquent dans l’environnement des jardins. Le prunier sauvage est bien plus fréquent, mais les résultats sont aléatoires, et il a l’inconvénient de drageonner beaucoup.
Pour aller plus loin : les pépiniéristes ont à leur disposition de très nombreux porte-greffe pour greffer l’abricotier. Les plus fréquemment employés sont :
Les pêchers : Montclar, GF 305 et Rubira
Les pruniers myrobolans : Myro 1254 et Myro B
Parfois, le franc d’abricotier, bien adapté aux sols calcaires et secs : Manicot GF 1236 est une sélection de franc d’abricotier (GF pour « Grande Ferrade », le nom de la station dans le sud-ouest où il a été obtenu).
Le jardinier greffe les variétés de PECHER essentiellement sur le pêcher. La greffe sur l’abricotier est possible ; la greffe sur prunier est toujours aléatoire.
Pour aller plus loin : les pépiniéristes greffent les variétés de pêcher :
Le plus fréquemment sur des sélections de pêchers : Montclar et GF 305,
Parfois sur GF 677, un hybride pêcher / amandier, qui confère une forte vigueur et un meilleur comportement que le pêcher en sol calcaire,
Parfois, pour les plantations en sols argileux, sur des sélections de prunier (Julior)
Le jardinier greffe les variétés d’AMANDIER sur de l’amandier sauvage.
Pour aller plus loin : les pépiniéristes greffent l’amandier essentiellement sur GF 677, un hybride pêcher / amandier, se multipliant facilement, de bonne vigueur et se comportant bien dans une large gamme de sols (sauf en sols « lourds »). GF pour « Grande Ferrade », du nom de la station d’expérimentation dans le sud-ouest.
Le jardinier greffe les variétés de CERISIER, douces ou acides sur le merisier ou le Sainte Lucie.
Pour aller plus loin : pour les plants de cerisiers destinés aux arboriculteurs, les pépiniéristes n’emploient plus le merisier, trop vigoureux pour des vergers « piétons » (où l’ensemble des travaux se font depuis le sol). Une large gamme de porte-greffes, nanisant ou semi-nanisant sont à leur disposition, comme, par exemple, Maxma 14, Maxma 60, ou la série allemande des Gisela (plusieurs n°).
Pour les sols calcaires, ils utilisent parfois SL 64, une sélection de Sainte Lucie.
Le jardinier greffe les variétés de PRUNIER sur ce qu’il a sous la main, à savoir le plus souvent du prunier sauvage : la reprise est bonne mais la vigueur est hétérogène et les drageons nombreux. Chaque fois qu’il peut en disposer (quitte à faire des semis), il préférera greffer sur myrobolan.
Pour aller plus loin : les pépiniéristes greffent les variétés de pruniers « Européens » (Prunus domestica) sur des sélections de myrobolan comme, par exemple, Myro B, Myro 1254, ou sur des hybrides conférents une moindre vigueur.
Ils greffent les variétés dites « Japonaises » ou « américano-japonaises » soit sur des sélections de myrobolan, soit sur des porte-greffe pêcher (Montclar, GF 305, ou l’hybride pêcher/amandier GF 677).
Arbres à pépins (et espèces proches)
Enfin quelque chose de simple ! Le jardinier greffe le POMMIER sur le pommier. Les greffes sur le poirier ou sur des espèces proches (alisier, cormier) sont trop aléatoires pour être tentées.
Et d’autant plus simple que le pommier se greffe aisément, que l’affinité est toujours bonne, et qu’il ne drageonne pas.
Le jardinier va donc greffer les variétés de pommier sur les pommiers « sauvages » qu’il trouvera dans son environnement – ou qu’il aura obtenu par semis – donc sur un matériel hétérogène en vigueur.
Pour aller plus loin : les pépiniéristes ont à leur disposition des dizaines de sélections de porte-greffe du pommier.
En voici quelques unes, par ordre de vigueur décroissante :
Le « franc » : forte vigueur. Réservé aux plants destinés à l’amateur (seul lui a encore le temps de prendre une échelle pour récolter les pommes). « Bittenfelder » est une sélection de franc.
MM 109 (un peu moins vigoureux que les francs. « MM » pour Malling-Merton, du nom de la station de recherche d’East-Malling, en Angleterre)
MM 111
MM 106 (vigueur intermédiaire)
M 26
PAJAM 1 et 2, M9, EMLA (vigueur faible, pour verger piéton, les plus employés)
M 27 (vigueur très faible)
Le jardinier greffe le POIRIER sur le poirier, le cognassier ou l’aubépine (la greffe sur le pommier est trop aléatoire pour être tentée). C’est sur poirier que l’affinité sera la meilleure et le développement maximum (si le poirier est adapté au contexte, ce qui n’est pas toujours le cas). Le cognassier à l’avantage de se bouturer assez facilement et d’être adapté à une grande diversité de sols. L’aubépine, quant à elle, est parfois présente dans l’environnement et peut donc être utilisée comme porte-greffe.
Pour aller plus loin : les pépiniéristes greffent les variétés de poirier :
Sur le « franc » (c’est à dire sur du poirier « sauvage » et vigoureux) pour les plants destinés aux amateurs lorsque ceux-ci cherchent des plants à grand développement. Kirchensaler est une sélection de franc de poirier,
Parfois, sur certaines sélections de poirier conférant une vigueur moindre et une tolérance à certaines maladies (feu bactérien), dont, par exemple, Farold (OHF 87) ou Pyriam (OH 11),
Le plus souvent, pour les plants destinés aux arboriculteurs, sur du cognassier, dont il existe plusieurs sélections, chacune étant adaptée à un contexte. Les plus employées sont : BA 29 (une sélection de cognassier de Provence) ; Sydo (une sélection de cognassier d’Angers) ; cognassier C ; cognassier d’Adams…
Le COGNASSIER se bouturant assez facilement, il est rare que le jardinier greffe des variétés de cognassier. Mais cela reste possible sur poirier, aubépine et, bien sûr, sur cognassier.
Le jardinier multiplie le plus souvent le NEFLIER par prélèvement de rejet au pied du plant, ou par semis naturel. Son greffage est possible sur poirier, églantier et sur néflier (par exemple, greffer un néflier à gros fruit sur un plant donnant des fruits plus petits).
Le CORMIER est multiplié par semis naturels trouvés dans l’environnement. Il peut se greffer sur cormier (par exemple, greffer un cormier donnant des fruits particulièrement gros sur un cormier à plus petits fruits) ou sur aubépine (possible, d’après Pierre Lieutaghi : arbre de développement moindre, mise à fruits plus rapide).
Autres espèces
Le CHATAIGNIER se greffe sur châtaignier. Il existe quelques rares cas de greffage sur chêne qui ont abouti à des arbres vivant plusieurs décennies.
L’amateur greffera donc le châtaignier sur les châtaigniers sauvages qu’ils trouvera dans son environnement ou qu’il obtiendra par semis.
Pour aller plus loin :
Certains châtaigniers sont rétifs au greffage (mauvaise compatibilité avec la quasi totalité des variétés). On peut néanmoins les greffer en faisant une première greffe avec la variété Précoce Migoule (variété hybride entre Castanea sativa et Castanea crenata et ayant une bonne compatibilité avec quasiment tous les châtaigniers sauvages ou cultivés), que l’on sur-greffera par la suite avec la variété souhaitée.
Les pépiniéristes emploient plusieurs sélections de châtaignier. La plus utilisée est Marsol (hybride entre Castanea sativa – châtaignier européen – et Castanea crenata – châtaignier originaire du Japon), de forte vigueur, peu sensible au phytophtora, mais également peu résistant au sec.
L’amateur greffe le NOYER (noyer commun, Juglens regia) sur les noyers sauvages qu’il trouve dans son environnement (le plus souvent des semis naturels de variétés).
Pour aller plus loin : les pépiniéristes greffent les variétés de noyer sur des sélections de Juglens regia.
L’OLIVIER (Olea europaea) se multipliant aisément par bouture ou par éclat de souche, le jardinier aura peu l’occasion de greffer cette espèce. S’il habite dans le midi méditerranéen ou en Corse, il pourra greffer l’Olivier sauvage, ou Oléastre (Olea oleaster). Il pourra également greffer (ou sur-greffer) un olivier avec une autre variété.