Avant de se lancer dans la technique, si l’on prenait un temps pour parler du jardinier ?
Des racines, un tronc, des branches (qui ont la même étymologie que « bras »), une tête (ou houpier), des fruits (qui sont ses enfants) : l’arbre se prête à merveille aux projections et aux identifications.


La même variété, sur le même porte-greffe, dans des conditions de culture proches peut aboutir a des arbres bien différents. Chacun, bien sûr, pensant avoir une vision objective de l’arbre.

Sans tomber dans les stéréotypes de genre, on observe fréquemment une différence d’approche entre les hommes et les femmes, les hommes étant plus interventionnistes que les femmes.
L’intention de ce chapitre sur la taille n’est pas de brider notre subjectivité, mais de l’éclairer par une meilleure compréhension du fonctionnement de l’arbre. Que madame comprenne que, sur ce vieux pommier qui penche dangereusement, couper quelques branches va le rééquilibrer et évitera donc qu’il ne tombe un jour de neige ou de grand vent ; et que monsieur sache que le pommier est très sensible aux brûlures de l’écorce et qu’il faut donc tailler avec parcimonie dans le haut de la frondaison.
Il est toujours fructueux de s’interroger sur nos attentes lorsqu’on plante un arbre. Des fleurs ? Des fruits ? Une silhouette ? De l’ombre ?
Et de s’interroger sur notre comportement. Plutôt interventionniste ou plutôt « laisser faire la nature » ?
Et de s’interroger également sur notre vision esthétique de l’arbre. Qu’est-ce qu’un bel arbre ? Là encore, laissons nos attentes esthétiques s’exprimer… sans oublier les règles de fonctionnement de l’arbre afin que l’arbre soit beau… résiliant et productif.
Et commençons par quelques rappels sur le fonctionnement de l’arbre.