
Quelques photos vont illustrer la greffe en fente : greffe de Mirabelle sur un prunier sauvage, en centre- Ardèche, à 600 m d’altitude, le 23 février 2026. L’arbre, âgé de quelques années, est de bonne vigueur.
5 branches pourront être greffées :
Les greffons sont taillés sur une pousse vigoureuse, en commençant par la base de celle-ci :

Pour un droitier, la baguette est tenue dans la main gauche.
Le pouce gauche est dirigé vers la base de la baguette.
La coupe débute 1 cm environ sous un bourgeon (qui sera le bourgeon du bas du greffon), et sur le côté de celui-ci. Pour obtenir un biseau long, le geste est contrôlé, lent.
Le pouce droit guide le mouvement et maintient la base de la baguette.
Un gant à la main gauche permet une meilleure tenue de la baguette.
Pour éviter des entailles (ou pour se sentir plus en sécurité), il est possible de protéger le pouce droit avec du sparadrad.

Voici la première coupe réalisée.

Puis la baguette est retournée (le bourgeon qui était dessus se trouve dessous) et la seconde face du biseau est taillée.
Le pouce droit est contre la première face qui vient d’être taillée.

Voici le biseau obtenu.

Puis le greffon est coupé à deux bourgeons.
Pour aller plus loin : pourquoi deux bourgeons ? Un seul serait suffisant, mais comme il peut être cassé, mangé (oiseaux, insectes), on préfère en mettre deux. Si on en conserve trois ou plus, le greffon est plus long, plus fragile. Pour toutes les greffes « à bois » (fente, cadilhac, anglaise, couronne, incrustation…) deux bourgeons est donc un bon compromis. Si l’on manque de greffons, il est possible de n’en conserver qu’un seul.

Puis les greffons sont mis dans l’eau, où ils seront très bien conservés durant quelques heures (en pratique, pas plus d’une demi-journée).
Une dernière question, avant de poser les greffons : est-on certain que les deux bourgeons conservés sur chaque greffons sont bien des bourgeons à bois ? Si c’était des bourgeons à fleur, il n’y aurait pas de pousse végétative : la greffe fleurirait puis dépérirait (pas assez d’énergie pour amener le fruit à maturité).
Dans le cas présent, tous les bourgeons sont bien à bois, comme celui-ci :

Ou association d’un bourgeon à fleur (souvent deux), plus rond et plus clair et d’un bourgeon à bois (plus petit, plus pointu, plus foncé), comme ici :

En fruits à noyaux, pas de souci, car il est rare qu’un bourgeon à fleur ne soit pas associé à un bourgeon à bois. Mais cela peut arriver, en cerisier par exemple, ou l’on a souvent quelques yeux à fleur à la base des baguettes.
La situation est plus délicate en fruits à pépins, avec parfois des baguettes très fleuries. Il est bien d’apprendre à distinguer les bourgeons à fleur des bourgeons à bois… ce qui n’est pas toujours aisé !
Je vais commencer par greffer la plus grosse branche, avec deux greffons.
La branche est coupée au-dessus d’une zone bien droite, sans irrégularités :

Puis fendue :


Le greffon est présenté en vis à vis de la coupe du porte-greffe afin de pouvoir comparer l’épaisseur du liber.
Sur le porte-greffe, le liber, vert clair, est bien visible sur la droite de la photo (environ 2 mm de large).
Sur le greffon, le liber, plus clair, est bien visible au niveau du bourgeon. Il est de même largeur que celui du porte-greffe.
En positionnant le greffon affleurant avec le porte-greffe, les cambiums seront donc ajustés.