Réunir les conditions favorables

La vigueur du porte-greffe : un élément déterminant pour la réussite !

Un porte-greffe vigoureux va induire, au niveau de la greffe, un bourrelet cicatriciel bien développé, favorable à une bonne reprise. Plus encore, il permettra un bon développement du jeune plant issu du greffon. Faire prendre une greffe est une chose ; obtenir un beau sujet greffé en est une autre !
La vigueur du porte-greffe est donc déterminante : elle s’apprécie par la longueur de la dernière et de l’avant dernière pousse. La longueur minimum souhaitée varie en fonction des espèces. Des ordres de grandeur peuvent être donnés :
60 cm et plus : très bien
30 à 60 cm : bien
10 à 30 cm : attention, à revoir selon les espèces
moins de 10 cm : mieux vaut s’abstenir ou différer le greffage de quelques années (durant lesquels le plant sera fertilisé et/ou arrosé).

Les tire-sève

Plus l’on greffe sur des sujets de gros diamètre, plus la greffe est traumatisante (forte réduction de la surface foliaire) et plus il est souhaitable de conserver des tire-sève. Ceux-ci absorberont une partie de la sève qui ne peut plus monter dans la frondaison. Leur feuillage fera de la photosynthèse qui alimentera les racines. Leur présence atténuera la diminution de vigueur.
Les tire-sève peuvent être situés sur le tronc (sous la greffe), ou au pied de l’arbre (rejets).
Un tire-sève ne doit jamais dépasser la greffe car, dans le cas contraire, il va se développer au détriment de la greffe (rappel : la sève se porte vers les zones les plus hautes). Au greffage, on coupera donc l’extrémité d’un tire-sève qui serait au-dessus de la greffe. Puis, en végétation, on coupera les pousses vigoureuses qui dépassent la greffe.
Les tire-sève sont réduits l’hiver suivant, puis supprimés au bout de deux ou trois ans, lorsque la greffe a pris le relais.

Faut-il tenir compte de la météo ?

Le temps qu’il fait au moment du greffage importe surtout… pour le greffeur ! Lorsqu’on est greffeur débutant, il est bien de pratiquer par un temps clément : on prend plus son temps, les gestes sont plus assurés.

Pour la greffe elle-même, c’est la température qu’il va faire dans les heures et les jours suivant le greffage qui peut importer. On évitera de greffer si un refroidissement (accompagné d’un arrêt de sève) est annoncé. Cela est particulièrement important pour la greffe en couronne, effectuée en pleine montée de sève (avril / début mai) : un arrêt de sève peut-être très préjudiciable à la reprise. Mieux vaut différer le greffage.

Faut-il tenir compte de la lune ?

A mon avis non, et pour les mêmes raisons que celles évoquées à propos de la taille (voir ICI).
La bonne lune pour greffer, c’est lorsque le végétal est au stade optimum, qu’un temps clément permet de greffer dans de bonnes conditions et, dans certains cas (greffe en couronne ), que la météo n’annonce pas de refroidissement dans les jours suivants.