Devant un arbre, je vous propose une démarche en quatre temps (trois questions puis une décision) :
Premier temps : quelle est l’histoire de cet arbre ?
Quel âge ? Quelle forme fruitière ? Quelle vigueur ? Quelle fructification ? Quelles interventions passées dont on peut voir les conséquences ?
Deuxièmement : quel est son avenir ?
Va-t-il beaucoup croître ? En hauteur ? En largeur ? Se ramifier ? Porter des fruits ? Beaucoup ? Situés où ?
Troisièmement : cet avenir me convient-il ?
Et, quatrième et dernier temps, une décision :
Si cet avenir me convient, je ne taille pas,
Si non, je taille,
parce que, par exemple, les fruits vont être trop hauts et peu accessibles : c’est « tailler pour le tailleur »,ou, autre exemple, parce que l’arbre risque de se fendre au niveau d’une fourche : c’est « tailler pour l’arbre »Le premier temps, l’histoire de l’arbre, va être le fil directeur de ce qui va suivre. Apprendre, par l’observation, à « lire » un arbre.
Après chaque observation, les trois autres temps seront abordés mais, pour éviter les lourdeurs, sans être formellement désignées.
????????????????????????????????
Préférer : 1) Quelle est l’histoire de cet arbre
Puis 2) Quel est son avenir ?
Nous allons commencer par 5 observations qui ne sont à faire que la première fois (elles portent sur des caractéristiques qui ne changent pas d’une saison à l’autre) :
De quelle espèce s’agit-il ?
La question peut faire sourire, mais on peut être appelé à tailler des arbres dont on ne connaît rien – même pas l’espèce fruitière ! Est-on sûr de savoir différencier un abricotier d’un prunier ; un prunier d’un amandier ; un pommier d’un poirier ? Un poirier d’un cormier ? Un cognassier d’un néflier ? Un jeune figuier d’un jeune noyer non greffé ?
Reconnaître une espèce fruitière est affaire de physionomie : nous intégrons un ensemble de critères qui amènent à penser qu’il s’agit plutôt de Pierre que de Paul… ou plutôt d’un abricotier que d’un prunier ! Et plus on côtoie les arbres et plus on affine son aptitude au discernement.
Si on ne peut que rarement changer d’espèce fruitière – c’est parfois possible par le surgreffage d’un jeune arbre – la connaissance de l’espèce est un préalable indispensable à la taille : on ne forme pas de la même façon un abricotier dont on récoltera les fruits depuis le sol et un prunier dont on secouera les branches !
Quelle variété ?
Rassurez-vous : même les meilleurs experts sont incapables de différencier les très nombreuses variétés (plusieurs milliers pour la pêche ou la pomme). Mais ils peuvent les rapprocher de certains types : plus ou moins acrotone ou basitone ; bois fin et souple ou trapu et rigide ; branches plus ou moins ramifiées…
Le jardinier, lui, aura progressé s’il discerne un type de pommier acrotone (comme Reine des Reinette) ou plus basitone (comme Reinette Grise du Canada) et qu’il en tient compte dans la formation de l’arbre (s’il souhaite le former et non le laisser en port libre).
L’arbre est-il greffé ?
Si toutes les espèces fruitières peuvent être multipliées par semis – et par bouture pour certaines – la quasi-totalité des arbres issus de pépinière ont été greffés, à l’exception du figuier, de l’olivier, du kiwi, du noisetier et des espèces de petits fruits qui elles sont multipliées par boutures (par drageon pour le framboisier, par marcotte pour la mûre).
Discerner l’emplacement de la greffe (que l’on appelle le « point de greffe ») permet d’éviter quelques erreurs lourdes de conséquences : conserver des pousses sous la greffe (en croyant qu’elles sont greffées), voire couper sous la greffe pour les favoriser !
Quel tronc ?
Parler du tronc dans la rubrique « plantation », ou l’aborder ici ????
Devant un arbre, sécateur et scie à la main, la hauteur du tronc est une donnée que l’on ne pourra que rarement modifier (on le peut parfois sur un jeune arbre). Mais y prêter attention est toujours intéressant. Pourquoi cette hauteur de tronc ? Était-ce un choix ou a-t-elle été subie (le pépiniériste n’avait peut-être pas d’autre type de plant à proposer) ? Et si la hauteur du tronc convenait à la plantation, il y a vingt ans, est-elle toujours adaptée aujourd’hui ?
Quel environnement ?
L’arbre est-il isolé ? Entouré d’autres arbres ? Si c’est le cas, les autres arbres peuvent-ils lui faire de la concurrence par leurs branches pour la lumière ; ou par leurs racines pour l’alimentation en eau et en éléments minéraux ?
Est-il abrité du vent ?
Si le terrain est en pente, est-il exposé au nord ou au sud.
Que sait-on du terrain : plutôt favorable ou défavorable à cette espèce fruitière ?
Puis nous allons continuer avec xxx questions qui seront à se poser chaque année :
Quel âge ? Quel stade de développement ?
L’âge d’un arbre peut être exactement connu en coupant son tronc et en comptant les cernes de croissance, mais évitons cette méthode destructrice !
Jusqu’à 4 ou 5 ans (parfois plus selon les espèces et la conduite), l’âge peut être déduit des étages successifs de croissance SCHEMA.
Au-delà, il ne peut qu’être estimé d’après le volume de l’arbre, le diamètre du tronc, l’aspect de l’écorce (lisse ou rugueuse).
Dans lequel des 3 stades de développement l’arbre se trouve t-il ?
- Phase juvénile : croissance forte du système aérien (et racinaire), production absente ou faible,
- Phase de maturité : l’arbre continue de croître, la production (ou au moins la floraison) est régulière,
Le choix de la forme fruitière sera fait en phase juvénile, puis entretenu en phase de maturité.
Phase de sénescence : la croissance est faible, la production irrégulière ou faible ; des branches commencent à dépérir.
Mieux vaut laisser l’arbre tranquille en phase de sénescence : les interventions pour le « relancer » sont souvent vaines. Dans un souci d’esthétique, ou pourra se contenter de couper les branches mortes.
L’arbre présente t-il des « points de faiblesse » ?
Développement
Quelle forme fruitière ?
Développement
Quelle vigueur ?
Développement
Quelle fructification ?
Développement
Quelles interventions passées dont on peut voir les conséquences ?
Développement